Plus de référendum ?

C’est souvent l’actualité politique qui remet cette question au goût du jour dans ma petite tête torturée : pourquoi n’y a t-il pas plus de référendums ? La France est un pays démocratique dont les élus prennent fatalement des décisions. Toutes ne sont pas populaires et certaines relèvent même parfois du suicide politique, alors pourquoi ne pas « sonder » plus souvent le peuple en amont ?

Commençons par les définitions communément admises :

La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain. La formule d’Abraham Lincoln : la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », est l’une des définitions canoniques couramment reprise.

Le référendum désigne une procédure par laquelle l’ensemble des citoyens d’un territoire donné est appelé à exprimer une position sur une proposition qui leur est faite, concernant « une mesure qu’une autre autorité a prise ou envisage de prendre » (Julien Laferrière) et dont l’issue varie selon le type de référendum considéré.

Bien.

En France, nous sommes sous le régime de la démocratie indirecte. Cela signifie que le peuple ne gouverne pas directement mais via des représentants élus au suffrage universel. Ces représentants ont par contre la possibilité (écrite dans la constitution) d’en référer au peuple si besoin. Étant élus par le peuple, ils gouvernent pour lui, en son nom et selon la direction pour laquelle il les a élus.

Oui mais une fois élus, parmi les nombreuses décisions qu’ils auront à prendre, certaines sont d’une importance énorme, ou avec un impact très fort sur la suite. Et elles n’ont pas toujours pu être discutées lors des campagnes avant élections car liées à un contexte imprévisible.

Dans ce cas, je serais d’avis d’utiliser le principe du référendum plus souvent, quitte à le simplifier (ou alors à en créer une version allégée). Dans sa forme actuelle il est trop lourd et trop coûteux à mettre en place pour être utilisé souvent. Mais il y a des possibilités. Je le verrais alors plus comme un sondage via internet sécurisé. Bien sûr les fraudes resteraient possibles mais influenceraient peu le résultat final ; celui-ci n’étant de toute manière qu’informatif. Par contre, le nombre de personnes sondées seraient bien plus représentatif (potentiellement tous les électeurs), les chiffres n’en seraient que plus parlants.

On peut objecter que tout le monde n’a pas internet. C’est vrai, mais tout le monde peut se déplacer dans un lieu défini et utiliser un ordinateur mis à disposition, ou donner une procuration. En ce qui concerne la sécurité du vote, le risque zéro n’existe pas, mais ce qui est mis en place pour la déclaration d’impôt peut l’être pour ce mode de scrutin.

Non, je pense que les principaux obstacles sont culturels. Ne serait-ce pas un aveu de faiblesse de la part du gouvernement que d’en référer au peuple à chaque question cruciale ? Sans parler du fait que cela revient à perdre le pouvoir de gouvernance octroyé par ce même peuple. Beaucoup de question sont à régler avant de pouvoir en arriver à une telle possibilité, mais les écueils sont moins techniques ou logistiques que culturels.

Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est impossible car non prévu par la Constitution. Elle est sans cesse modifiée …

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A propos Dehel

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