Pourquoi le numérique fait-il si peur ?

LCEN, LOPPSI, HADOPI, et leurs équivalents à l’étranger … Des lois faites ou modifiées pour pouvoir instaurer une législation officielle dans le domaine du numérique, ou plus précisément des échanges par voie numérique. S’il est indéniable qu’il faut des lois, pourquoi celles-ci ont-elles provoqué (et provoquent toujours) une telle levée de boucliers ? Sans vouloir entrer dans le détail, leur rôle est de définir un cadre juridique applicable aux échanges par voie numérique et de donner à la justice (enquêteurs, juges) les moyens de vérifier qu’il est bien respecté. Si on s’arrête là, tout est bien dans le meilleur des mondes et l’initiative peut être saluée.

Alors où sont les problèmes ?

Et bien il suffit de regarder comment le(s) gouvernement(s) veut(veulent) s’y prendre pour constater que c’est du grand n’importe quoi. En se basant sur l’adresse IP de l’internaute suspecté, la solution choisie est loin d’être sûre à 100%. J’en ai pour preuve la série d’adresses IP affectée à l’Élysée qui se trouvaient dans une liste de demandeurs de fichiers piratés. Le gouvernement a certifié qu’aucun des ordinateurs de l’Élysée n’avait servi à un téléchargement illégal, avouant à demi-mot au passage l’absence totale de fiabilité de la méthode.

À ce sujet, Suren Ter, le responsable du site YouHaveDownloaded, conclut :

Une adresse IP est une adresse IP, ce n’est pas une donnée fiable pour identifier un internaute. Notre site en est la parfaite illustration.

D’autres solutions ont pu être avancées, mais aucune n’est solide techniquement …

Mais au-delà de ça, ce qui me choque c’est qu’encore une fois, on attaque le problème en surface au lieu de s’intéresser au fond. Plutôt que de se demander qui télécharge illégalement (en s’y prenant mal), il faudrait se demander pourquoi il y a du téléchargement illégal, pour ainsi apporter une réponse adaptée. Je peux fournir quelques raisons qui me paraissent valables :

  1. C’est pratique. Pas besoin de se déplacer en magasin ou de s’enfoncer dans les méandres d’un site de vente en ligne.
  2. C’est ciblé. On obtient exactement et uniquement ce qu’on veut : pas besoin d’acheter tout un CD pour une seule chanson.
  3. C’est rapide. Juste le temps de télécharger.

Et j’ajoute que celui qui télécharge illégalement pour ces raisons, ne le fait pas spécialement parce que c’est gratuit. Des études montrent que plus de 75% des internautes concernés seraient prêts à payer.

Donc, pourquoi ne pas s’adapter plutôt que de choisir la répression ? Pourquoi les majors du cinéma et de la musique continuent-elles à s’enfermer dans un mode de vente archaïque, sans revoir leur modèle, et en attaquant tout azimut ? Quand on voit les sommes colossales amassées par un site comme MégaUpload, on se dit (et d’autres devraient se dire) qu’il serait judicieux de s’associer ou de créer le même genre de site où tout est disponible à volonté via un abonnement mensuel. Je ne rentre pas dans le détail, vous voyez le principe.

Personnellement, je suis pour la licence globale, mais je reconnais que celui qui ne télécharge jamais, s’il y en a, n’a pas à payer. Du coup, la solution ne serait-elle pas une option (payante) de l’abonnement au FAI, permettant de télécharger à partir de tel ou tel site ? Ou quelque chose du genre. Si le prix est bien ajusté (je pense qu’il ne doit pas dépasser 5 € / mois) ça peut marcher.

Bien sûr, il y aura toujours des « pirates », mais ceux qui resteront seront de vrais pirates …

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A propos Dehel

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